Canada’s most socially regressive policy: agricultural supply management

According to news outlets, the government of Quebec prepares to cater to the interest groups in the farming sector by criticizing the EU-Canada free trade agreement as long as the increase in the quantity of foreign cheeses that can be imported in the country will not be compensated by financial promises to Quebec dairy farmers. This seems like the right time to wonder what is the cost of  the policy of supply management.

This policy aims at restricting supply by limiting production and imports in order to pump up the prices that domestic farmers can demand. In the end, it is a transfer from consumers to farmers. How much does it cost?

The Food Guide produced by Health Canada points out that Canadians should consume 2 servings of dairy products per day (250 ml of milk or 175 g of yogourt or 50g of cheese) and 2 servings of meat (75 g of cooked fish, poultry, shellfish or lean meat or 2 eggs). Assuming that Canadians try to respect these guidelines, they would require roughly 90 liters of milk per year, 27 kg of chicken per year, 18 kg of cheese and 60 dozens of eggs. The annual cost of this basket of good (at the prices observed in October 2013) is 820.75$ according to the datasets produced by Statistics Canada and Agri-Food Canada. In the United States, where such goods are not subjected to supply management, the cost of this basket (using USDA’s datafile of retail prices) would stand at 485.68$. This translates in a cost difference of 335$. 

This makes supply management a candidate for Canada’s most socially regressive policy. It represents over 5% of the net income of individuals the bottom decile of the income distribution in Canada. Comparatively, supply management costs 0.5% of the net income of Canadians in the top decile of the income distribution (using the Survey of Household Spending of 2009). Image

More importantly, if the poverty line (calculated by Chris Sarlo) was reduced by the amount that supply management costs Canadians, it would be 2.5% below its current level. That tiny reduction translates into the lifting of 76,671 Canadians living in single-person households above the poverty line (still using the Survey of Household Spending). In short, at least 76,671 persons are pushed into poverty because of supply management (I am saying “at least” because I am only considering single-person households).

What happened to consumption inequality in Canada since 1969?

Recently, Stephen Gordon from Université Laval showed a graph illustrating real earnings on a weekly basis during the recession at each percentile of the earnigns distribution. I wonder how his grah would look like if extrapolated backwards to the late 1960s. However, I think that looking at earnings is misleading. I believe that consumption is a better measure, especially in societies where preferences are growing increasingly heteregeneous. What I mean by that is that the richer we are, the less we need to use income to satisfy certain desires. Hence the rise of what Tyler Cowen dubbed “threshold earners”. Cowen describes them in the following manner:

It is also the case that any society with a lot of “threshold earners” is likely to experience growing income inequality. A threshold earner is someone who seeks to earn a certain amount of money and no more. If wages go up, that person will respond by seeking less work or by working less hard or less often. That person simply wants to “get by” in terms of absolute earning power in order to experience other gains in the form of leisure—whether spending time with friends and family, walking in the woods and so on. Luck aside, that person’s income will never rise much above the threshold.

In such a situation, I believe that using consumption measures (which also allow us to control for the effects of both a growing student population – needing credit to smooth consumption – and a growing elderly class using accumulated savings) is more efficient. So to expand on Gordon’s comments, I use the Survey of Family Expenditures of 1969 and the Survey of Household Spending of 2009 to see how things changed in the in-between period with regards to the distribution of consumption. I think the figures show a less dramatic portrait of reality. In fact, it seems slightly positive.

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However, I would tend to argue that provincial adjustements would count in for a lot (aggregating all the provinces means assuming equal prices across the country – a dubious assertion). Moreover, I would tend to think that the price index – like Broda argues in the United States – is biased against the poor. As a reason, I would tend to believe that these graphs overstate the case that inequality did not increase as much as often argued, but it feels that even accounting for these problems, the increase in overall inequality would be very much less impressive than done.

La loi 101: nécessaire pour le rattrapage économique des francophones?

Dans le cadre de la rédaction de mon livre sur la révolution tranquille, j’ai pris la peine de documenter comment le rattrapage économique qui s’est produit entre 1945 et 1960 avait bénéficié de manière importante aux francophones. Un des arguments que je mettais de l’avant, c’est qu’après des décennies de déclin relativement au reste du Canada, les Québécois francophones ont entamé un rattrapage éducatif important (ici, ici, ici et ici) .  Ceci a permis de planter les semences d’un rattrapage économique des francophones qui viendrait à maturité plusieurs années plus tard.  Ainsi, un des arguments que j’avançais était que la loi 101 n’était pas nécessaire pour sécuriser le rattrapage économique des francophones (voir le passage que j’ai intégré à ce billet après le graphique plus bas). Les plus jeunes, qui avaient été éduqués pendant les années du Grand Rattrapage, étaient en train de rattraper les anglophones du même âge. L’écart de revenu moyen entre francophone et anglophone serait tout simplement plus large parce que les individus plus âgés faisaient baisser la moyenne des francophones vers le bas.

En utilisant les données du Survey of Family Expenditures de 1969, j’ai regardé le revenu personnel par groupe d’âge en fonction de la langue maternelle. Le résultat est fascinant! Les jeunes francophones âgés d’entre 20 et 30 ans ont un revenu équivalent à 92% de celui des anglophones. Ces jeunes, nés entre 1939 et 1949, sont exactement ceux qui étaient en âge d’aller à l’école pendant le Grand Rattrapage (1945 à 1960). Ceci a tendance a confirmer l’affirmation que je faisais dans mon livre. Conformément à mes hypothèses, les francophones plus âgés ont des revenus beaucoup moins importants relativement aux anglophones du même âge. Ces individus, nés entre 1879 et 1938, sont ceux qui ont vécu le déclin relatif du Québec en matière d’éducation (en 1901, la participation scolaire effective au Québec était supérieure à celle des autres provinces, un avantage qui s’était renversé jusqu’en 1931 avec la stagnation virtuelle de la participation scolaire des francophones).

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Ceci me porte à confirmer que le rattrapage économique des francophones se seraient probablement poursuivi, mais plus lentement, sans que l’adoption de la loi 101 ne soit nécessaire (ceci dit, je sais bien que la loi 101 visait bien plus que l’amélioration du statut économique relatif des francophones).  Ceci dit, je pense que ceci justifierait d’utiliser les données des différentes enquêtes et recensements pour effectuer des régressions afin de déceler l’ampleur de la “discrimination” et l’importance du rattrapage. Je considère ceci plutôt important puisque dans une étude de 2007 dans le Canadian Journal of Economics, David Albouy mentionne que la majorité du rattrapage économique des francophones entre 1970 et 2000 s’est effectué grâce à la diminution du revenu moyen des anglophones et non pas grâce à une accélération de la croissance du revenu des francophones. Si le rattrapage économique des francophones s’était produit alors que tout le monde grimpait au lieu de s’effectuer en descendant un groupe, la société québécoise serait aujourd’hui plus riche et probablement plus harmonieuse politiquement.

—EXTRAIT DE MON LIVRE—
Au total, il semble que l’écart salarial entre francophones et anglophones à l’intérieur du Québec ait diminué de 25 points entre 1970 et 2000 . Selon les données du recensement, la majorité du rattrapage entre les francophones et les anglophones s’est produit entre 1970 et 1980 (près des deux tiers en fait) . Si on décompose l’économie entre les secteurs publics et privés, on voit que l’écart entre francophones et anglophones passe de 28,7% en 1970 à 10,7% en 1980 puis à 5,1% en 2000 . Ce rattrapage important s’expliquerait de trois manières : 1 – les lois linguistiques auraient fait augmenter la demande pour des travailleurs francophones ; 2 – le contrôle accru des francophones sur l’économie ; 3 – les progrès dans la scolarisation des francophones . La première explication est irrecevable en ce qui concerne le bon phénoménal observé entre 1970 et 1980, car les lois linguistiques n’apparurent que très tard au cours de cette période et n’ont pas pu exercer un effet positif important sur l’appropriation de l’économie par les francophones. Quant à la seconde explication, elle est étroitement liée à la troisième : une population plus instruite est plus à même de « contrôler » son économie. La scolarisation des francophones fut l’un des facteurs les plus importants de leur prise en main de l’économie. La réciproque est également vraie.

Rappelons-nous encore une fois que les progrès du Québec en éducation (surtout relativement au reste du Canada) se sont surtout produits entre 1945 et 1960 — pendant le Grand Rattrapage. En 1951, seulement 0,6% des Québécois de 15 à 24 ans détenaient un diplôme universitaire. En 1961, cette proportion avait doublé. Le Québec était alors presque à égalité avec l’Ontario. Chez les 25 ans et plus, on parle d’un saut de 2,3 % à 3,4% . Comme nous le notions plus haut, la persévérance scolaire avait augmenté de manière importante entre 1945 et 1960. Les adultes de la Révolution Tranquille avaient donc d’abord été les enfants du Grand Rattrapage. L’investissement fait en éducation par les familles francophones au cours du Grand Rattrapage a porté ses fruits pendant la Révolution Tranquille et non pas à cause de la Révolution Tranquille. Pendant le Grand Rattrapage, les francophones acquéraient les connaissances et accumulaient le capital qui allaient leur permettre plus tard de se lancer en affaires et de former de grandes entreprises. Éventuellement, ils embaucheraient de jeunes francophones, ce qui allait rendre plus « rentable » le fait de parler français plutôt qu’anglais . Il est à noter que le domaine de l’administration, de la finance et du commerce étaient de plus en plus occupés par des francophones. La proportion d’entre eux qui devenaient ouvriers avait d’ailleurs commencé à baisser dès 1951.

Le revenu réel des Québécois depuis 1969

J’ai décidé, en jouant au travers les anciennes enquêtes sur les ménages de Statistique Canada, d’étendre certaines séries de données présentées par des collègues à moi. En 2012, Martin Coiteux présentait un graphique montrant l’évolution du revenu personnel après taxes et transferts qui allait de 1976 à 2009. Dans ce graphique, Martin avait fait l’effort d’ajuster pour la taille des ménages.  J’ai donc décidé d’utiliser le Survey of Family Expenditures de 1969 pour étendre le graphique de Martin Coiteux dans le passé.

En 1969, le Québécois moyen avait une situation moins enviable relativement à l’Ontarien moyen qu’en 1976. Cependant, depuis 1976, la situation relative du Québécois s’est dégradée de manière importante. Je pense que ces données portent un jugement froid sur les résultats de la Révolution tranquille.

Déclin

Les biens consommés par les ménages pauvres au Québec

Pour ajouter à la série de billets que je poste cette semaine sur les pauvres au Québec relativement aux autres provinces, j’ai pris la peine de regarder le taux de présence de certains biens ménagers chez les familles pauvres (quintile le moins riche). Bien que le confort matériel n’est qu’une dimension de la pauvreté, il est pertinent de regarder à quel niveau les familles pauvres sont capables de se procurer des biens ménagers (laveuse, sécheuse, lave-vaisselle, air climatisé, ordinateur etc.).

Lorsqu’on utilise les données du Survey of Household Spending, on réalise que le Québec ne performe pas aussi bien que l’Ontario et l’Alberta à plusieurs égards. À l’exception des laveuses et des sécheuses et de l’air climatisé face à l’Alberta, le quintile le plus pauvre du Québec est nettement moins à l’aise matériellement que le même segment de la population en Alberta et en Ontario.  Les graphiques plus bas présentent le ratio de la proportion observée au Québec et des proportions observées dans les autres provinces.

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La précarité de la situation des pauvres au Québec

Je vais être franc, je n’aime pas les statistiques sur la pauvreté au Canada parce qu’elles sont théoriquement faibles. Elles sont conçues comme des mesures d’égalité relative à l’intérieur de chacune des différentes provinces. Elles ne comparent pas des paniers similaires de biens et services.

Par exemple, la mesure du Seuil de faible revenu est calculé en fonction des parts allouées à certains postes de dépenses relativement à l’ensemble de la population. Le problème avec cette première mesure comme je le mentionnais dans mon billet précédent, c’est que les poids des postes de dépenses dépend du revenu lui-même. Ainsi, si les pauvres de l’Alberta attribuent des poids différents à l’alimentation, le logement et le vêtement que ceux du Québec, une bonne partie des différences proviendra de la différence du revenu réel. Une autre mesure, celle de la mesure du panier de consommation est plus proche d’un indice comparatif des biens et service. Le problème restant avec cette mesure, c’est le lien entre le revenu réel et les dépenses au titre du logement. Comme je le disais hier:

À toutes fins pratiques, il semble que logement soit plus abordable au Québec. Toutefois, ce qui est « abordable » est éminemment subjectif. Lorsque les familles doivent effectuer un choix de logement, ils le choisissent en fonction de leurs revenus réels (qui est déterminé par ce que leurs revenus peuvent acquérir en termes de biens et services hors de la catégorie logement). Les familles effectueront donc un choix sur la qualité, l’emplacement, la taille et le type de logement qu’ils ont besoin au minimum en fonction de ce qui leur restera en fin de compte pour financer leurs autres besoins. Le type de logement demandé dépend du revenu et par conséquent, le coût du logement peut être le symptôme d’une société pauvre – toutes choses étant égales par ailleurs.

Ainsi, si on veut vraiment mesurer la pauvreté, il faut tenter d’exclure les effets d’interaction entre les coûts du logement et le revenu personnel des habitants. Une des approches simples, que je présente ici en premier, consiste à regarder le rapport entre le revenu et un panier identique de biens et services alimentaires. En utilisant les données de Chris Sarlo que j’ai mis à jour quant aux prix de l’alimentation d’un panier identique de biens et services ainsi que les données du Survey of Household Spending, j’ai pu calculer le revenu par personne en ajustant pour la taille des familles. Au final, on réalise que les pauvres au Québec ne s’en tire pas si bien que cela.

Les Québécois dans le plus bas quintile de la distribution des revenus doivent allouer une portion considérablement plus importante de leurs revenus à l’acquisition du même panier que le même segment de la population en Alberta ou en Ontario.  Ceci ne nous dit pas grand chose sur le niveau de pauvreté. Cependant, il en dit beaucoup sur la précarité des gens pauvres au Québec. Des mesures visant à réduire le coût de l’alimentation (notamment l’abolition de contrôle de prix et la libéralisation des heures de commerce qui ont toutes deux pour effet de réduire les prix) pourraient réduire énormément la précarité des individus à risque au Québec.

Pourcentage

Le logement des plus pauvres au Québec

Depuis longtemps, nombreux sont ceux qui affirment que la pauvreté est moins pire au Québec qu’ailleurs parce que nous sommes une société plus égalitaire (note de l’auteur: j’avais initialement fait une coquille en disant que c’était “moins inégalitaire”).  Ceux qui tiennent ce discours s’appuient en grande partie sur les coûts du logement qui sont moins dispendieux au Québec qu’ailleurs. Il faut leur concéder ce point … puisqu’il leur donne tort.

À toutes fins pratiques, il semble que logement soit plus abordable au Québec. Toutefois, ce qui est « abordable » est éminemment subjectif. Lorsque les familles doivent effectuer un choix de logement, ils le choisissent en fonction de leurs revenus réels (qui est déterminé par ce que leurs revenus peuvent acquérir en termes de biens et services hors de la catégorie logement). Les familles effectueront donc un choix sur la qualité, l’emplacement, la taille et le type de logement qu’ils ont besoin au minimum en fonction de ce qui leur restera en fin de compte pour financer leurs autres besoins. Le type de logement demandé dépend du revenu et par conséquent, le coût du logement peut être le symptôme d’une société pauvre – toutes choses étant égales par ailleurs.

Ainsi, pour tester cette affirmation j’ai décidé d’utiliser les données du Survey of Household Spending de 2009. J’ai regardé la qualité du logement des plus pauvres au Québec (le 20% inférieur) comparativement au même segment des populations de l’Ontario et de l’Alberta.  Quand on regarde les données, on réalise que les logements des plus pauvres sont probablement moins chers parce qu’ils sont de qualité inférieure. Tout ceci implique que les mesures de la pauvreté au Québec ne capturent pas véritablement l’ampleur du phénomène et surestime celle-ci relativement aux autres provinces. Rappelons notamment que les prix de l’alimentation, des carburants et du vêtement sont égaux à travers le Canada (ce qui fait qu’ils sont plus dispendieux relativement aux revenus plus bas des Québécois).

Logements