Recul de l’affichage en français: une anomalie

Oui, je dis clairement que c’est une anomalie. Alors que La Presse nous apprend que le français est en recul pour l’affichage commercial, les chroniqueurs nationalistes sautent sur les conclusions, oublient de mettre les choses en perspectives et montent aux barricades. Malheureusement, l’image est beaucoup plus nuancée que ce qu’on croit.

Soyons clairs, le centre-ville de Montréal s’anglicise, mais ce n’est pas parce que les immigrants et les anglophones ne parlent pas français. En fait, comme je l’ai montré en utilisant les chiffres de Statistiques Canada et de l’Office Québécois de la langue française, le français comme langue d’usage à la maison fait des progrès considérable auprès des allophones et dépasse maintenant l’anglais. En outre, la connaissance du français tant chez les anglophones que les anglophones a augmenté alors que la connaissance de l’anglais chez les allophones a stagné depuis 1991.

Pourquoi Montréal s’anglicise donc? Parce que les francophones parlent de plus en plus l’anglais dans leur relations de travail (une représentation du fait que maintenant 60% des compagnies dans le monde de la finance au Québec sont détenus par des francophones qui opérent dans des marchés internationaux ou la langue de la cour est l’anglais). 

En fait, en consultant encore des sources objectives et fiables – pas juste des données partielles et cryptiques, on peut mieux comprendre. La proportion totale de tous les travailleurs qui utilisent l’anglais a augmenté entre le recensement de 2001 et celui de 2006. Toutefois, si on décompose cette augmentation, on remarque que la proportion des travailleurs qui utilisent le plus souvent l’anglais au travail a diminué!

Si on est assez honnêtes pour aller consulter la proportion d’anglophones qui utilisent le français au travail, on remarque que celle-ci a augmenté. En 2001, 65.4 % des anglophones utilisaient le français au travail contre 67.9% en 2006. La proportion des anglophones qui utilisent le plus souventle français au travail a augmenté de 30.7% à 31.6%.

Le centre-ville s’anglicise parce que les francophones veulent bénéficier des connections que l’anglais permet. Mais les anglophones savent que leurs revenus sont négativement affectés par l’ignorance du français (les hommes anglophones unilingues ont eu la croissance la moins rapide de leurs revenus depuis 1970). C’est cela qui explique le progrès de la connaissance du français chez les anglophones et du français comme langue de travial parmi eux.

Cessez de faire des campagnes de peur sans chiffres!

2 thoughts on “Recul de l’affichage en français: une anomalie

  1. Voyons…justement, le débat ne concernait pas les langues d’usage, mais uniquement les langues pour affichage commercial! Pourquoi déplacer le débat sur un autre sujet, sur la langue d’usage plutôt que sur la langue d’affichage, ce qui n’est aucunement remis en question… On peut très bien percevoir un problème d’affichage et le dénoncer sans remettre en cause que oui, bien que la langue maternel française soit en recul, elle augmente au nombre d’usage, ce qui est une bonne nouvelle en soit. L’article est donc à côté su sujet et qui plus est, de plus en plus de gens utilisent le français au Québec, ça serait pas le temps justement de dénoncer le recul de l’affichage en français et de prôner un meilleur affichage dans la langue officielle??

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