Le vrai visage de la pauvreté, pas des inégalités…

Francis Fortier de l’IRIS poste récemment un billet qui démontre que les changements de prix de l’alimentation affecte principalement les plus pauvres. Il a absolument raison, les fluctuations de prix des denrées alimentaires ont tendance à affecter les ménages pauvres démesurément. Cependant, M. Fortier se base sur une mauvaise compréhension de la réalité des ménages pauvres et oublie une réalité importante.

Premièrement, l’étude qu’il cite vise à démontrer que l’offre de produits est plus vaste dans les zones plus aisées. Le problème, c’est que les individus pauvres ont beaucoup plus tendance à se déplacer et à magasiner les prix en raison du fait de la sensibilité qu’ils ont à l’inélasticité de leur demande face aux changements de prix. Aux États-Unis, lorsqu’on tient compte du biais de substitution dans les données sur les prix, on remarque que les indices de prix surestiment l’inflation d’environ 0.6 points de pourcentage et que ceci enfle artificiellement les statistiques sur la pauvreté d’environ 20%. Au Canada, ce biais de substitution est généralement plus bas – aux alentours de 0.2 points de pourcentage –  mais il est beaucoup plus gros chez les ménages à personne unique – catégorie ou la majorité des plus pauvres se retrouvent. L’étude que M.Fortier cite ne tient absolument pas compte de la capacité des consommateurs à se déplacer, ce qu’ils ont tendance à faire comme le démontrait l’étude américaine mentionnée plus haut.

Deuxièmement, le phénomène décrit par M.Fortier n’est pas un phénomène d’inégalité, mais bien de revenu réel qui est complètement indépendant du niveau d’inégalité entre les individus. Les quartiers économiquement pauvres auront des commerçants qui offrent des biens à la hauteur du revenu réel desdits habitants. Une augmentation du revenu réel de ces personnes conduira à une augmentation de la diversité des produits offerts aux plus pauvres. Et à cet égard, le Québec est effectivement champion. Le panier le plus élementaire de consommation (recommandé par Santé Canada) est 11% plus dispendieux en termes de temps de travail qu’il ne l’est en Ontario et 24% plus dispendieux qu’il ne l’est en Alberta. C’est pour cela qu’on voit que les Québécois, indépendemment de leur revenus, doivent allouer une portion plus importante de leurs budgets à l’acquisition de l’alimentation jugée nécessaire.  La réalité décrite n’a aucun lien avec les inégalités, mais bien avec la productivité réelle absolue.

 

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