Privatization of Oil Companies and saving mother nature?

I recently argued on the Huffington Post that the reason there has been a upward trend on oil prices since 2000 is to be found on the supply-side. More precisely, on the supply side of nationalized oil companies. As I pointed out, even if somewhere around 90% of oil reserves are owned by state-owned entreprises, some 75% of production comes from them indicating already a higher productivity pattern amongst private producers. In fact, when one compares nationalized oil companies and their staff relative to their production, they need a substantially greater number of employees per barrel produced than do the private producers. As a result, I argued that liberalization and privatization of oil markets in many countries like China, Brazil, Mexico, Venezuela, Iran and Saudi Arabia would lead to overall price drops.

However, when I debatted this issue with accountant Leo-Paul Lauzon, he told me that pump prices – even when accounting for purchasing power parities – in those countries are lower than in Canada, the US or Great Britain. While this is true, it comes at a great cost. The map below illustrates which countries subsidize their gasoline prices by selling it below cost of production and to what extent they do so (it comes from the International Energy Agency)

As one can see from this map, a vast part of the population of the planet has its gasoline subsidized to a high extent. While it may make some individuals happier for their wallets in the short run, it does not help them in the long run. First of all, prices are not about being low or high, they’re about being right. When prices reflect market conditions and not government enforced regulations, they reflect scarcity and inform actors on how to behave to consume intelligently or produce more efficiently. Businesses don’t compete to become more efficient, the subsidy either comes directly from taxpayers or indirectly because more taxes have to be collected elsewhere and consumers don’t consume efficiently. The last point is where privatization of those oil companies could actually benefit the environment. In the short term, a gradual dismantlment of oil corporations owned by governments and a sale of their assets to private investors would lead to gradual price increases in those countries. In the long run, pump prices will fall adjusting for inflation once new investments are made to increase supply, productivity and efficiency. They will also fall because consumers will invest in energy-saving technologies. How much energy (and pollution) would be saved with such a dismantlment? Well, we are talking about preventing the emission of 2,4 gigatons of greenhouse gas emissions between now and 2020. This represents 7% of the total projected GEG emissions from energy production if the susbidies remained in place.

Compare this to the 450 scenario. This scenario is a very agressive environmental plan to reduce GEG emissions and global warming  which would limit the long-term concentration of greenhouse gases in the Earth’s atmosphere to 450 parts per million of carbon-dioxide equivalent. In short, we would have to reduce emissions by 3.5 gigatons by 2020. Another estimate, more conservative this time, of the benefits of eleminating fossil fuel subsidies (via privatization, deregulation and liberalization) is that emissions would drop by 1.5 gigatons by 2020. In short, some 43% of the effort to reduce greenhouse gas emissions would come from a set of policy aimed at removing government intervention and leaving more scope for private markets.

So, yes privatizationcanbe environmentaly friendly…

La révolution tranquille et l’éducation: quel rôle pour l’État?

À attendre les récentes affirmations des fédérations étudiantes, on dirait que l’éducation au Québec a commencé seulement en 1960. En gros, à croire les leaders étudiants, on crorait qu’avant 1960, les Québécois étaient tous des illetrés.

Est-ce vraiment le cas? Non, il s’agit de discours politique hyperboliques pour mieux défendre leur cause. Mais il n y a jamais de fumée sans feu. Lorsqu’on parcourt la littérature académique au Québec sur l’éducation avant 1960, on parle souvent de la Grande Noirceur comme d’une période de déclin sur le plan de l’éducation et que c’est après 1960 que le Québec effectue son grand rattrapage. Malheureusement, une observation plus détaillée des résultats mène à un constant contraire. Il y a eu en effet une période de stagnation au plan de l’éducation avant 1945. Lorsqu’on regarde la proportion d’écoliers et élèves (“écoliers” dénotent ceux qui sont école primaire et “élèves” dénotent ceux qui vont à l’école secondaire) qui allaient véritablement à l’école (pas ceux qui étaient simplement inscrits sans jamais y aller), on remarque que le Québec devançait l’Ontario et la Colombie-Britannique en 1901. Toutefois, à partir de 1931, le Québec a perdu son avantage même si la proportion a augmenté (voir plus bas).

ImageQuand on prend la peine, comme je l’ai fait, de plonger les Annuaires Statistiques du Québec, les Canada Labour Gazette et les Canada Year Books, on peut monter des séries statistiques plus complètes qui ne sont pas disponibles en ligne et qui doivent donc être transcrites. Ces séries statistiques montrent que le Québec a effet stagné entre 1921 et 1945 et a peut-être même décliné légèrement. C’est à partir de 1945 que le Québec commence une lancée incroyable au niveau de la scolarisation de sa population qui continue avec la révolution tranquille. Vous remarquerez qu’en 1965 sur le graphique plus bas, il y a une brisure étrange. Je l’ai inclus dans la série statistique puisqu’il s’agit de la première année que l’instruction obligatoire était en vigueur, ce qui rend la série légèrement inutile après 1965 (la loi fut votée en 1964). Mais, voyez-vous une stagnation pendant la “Grande Noirceur”? Image

Et que se passe t’il relativement aux autres provinces – plus précisement l’Ontario. À cet égard, on confirme que le Québec perdait du terrain de manière plutôt prononcée avant 1945 et qu’après la guerre, il réussit lentement à rattraper l’Ontario.  Il s’agit là d’une mesure plutôt fiable que je présente puisque je prend ceux qui vont véritablement à l’école (un fait important puisque le Québec n’a pas de loi sur le travail des enfants avant 1943 alors que l’Ontario en adopte une bien plus tôt au 20ème siècle).

ImagePourquoi est-ce que je parle de l’éducation avant 1960 en lien avec la crise des frais de scolarité actuel? Parce que je veux lancer une discussion qui mérite d’être tenue: est-ce que l’éducation se portait si mal que ca avant que l’État mette son nez dans les affaires des écoles? Je ne pense pas que c’est le cas. En fait, si on regarde la population des universités francophones telles que rapportées dans les Annuaires Statistiques du Québec, on remarque que celles-ci ont une croissance supérieure à celle de la population générale et que celles-ci rattrapent lentement les universités anglophones du Québec aussi.

Les données à ce niveau sont plus difficiles à comparer et il me reste du travail à faire pour avoir des séries temporelles qui remontent jusqu’à 1920 environ, mais elles démontrent tous que les Québécois vivaient de vastes progrès au plan scolaire avant que l’État commence à se mêler activement de l’éducation dans les années 1960 (gel des frais de scolarité en 1968, loi sur l’instruction publique, création du ministère de l’éducation).

Je pense qu’il est temps de sortir du paradigme de discussion sur la manière dont on veut que l’État intervienne dans le monde de l’éducation. On devrait plutôt commencer à penser à quel niveau d’intervention qu’on croit désirable dans le monde de l’éducation. Pendant la période de 1945-60 alors que l’État était virtuellement absent du monde de l’éducation. La contribution financière de l’État était substantive, mais en proportion des montants totaux, elle se situait à des niveaux nettements inférieurs à ceux d’aujourd’hui. Quant aux réglementations, les universités étaient libres de charger le montant qu’elles désiraient, les écoles fixaient leur programmes assez librement et les écoles avaient une autonomie nettement plus grande.

Considérant le contexte plus laxe des années 1945-60 et les progrès observés, est-ce qu’on peut commencer une nouvelle discussion sur le rôle de l’État dans le monde de l’éducation. Personne ne propose de revenir au rôle actif de l’Église, mais sa présence à l’époque ne semblait si nocive aux progrès scolaires potentiels des Québécois. Conséquemment, il serait tout à fait pertinent de proposer d’autonomiser davantage les écoles, de réduire la place de l’État dans les universités et les collèges. Je lance la discussion en tant qu’économiste spécialisé en questions d’histoire économique et j’espère que mes interlocuteurs sauront être posés tout en guidant adéquatement ma réflexion.

Women, negative real interest rates and financial repression?

What do all of these have in common? I mean, what kind of messed-up mind mixes those together? Well, it starts with this article from Carmen Reinhart and Jacob Kirkegaard. According to them, interest rates adjusting for inflation were negative from 1945 to 1980 as a result of financial repression. This means that governments were mixing a set of policies to reduce the cost of debt (and the benefits of savings by extension, leading to a lower savings rate) by controlling capital mobility accompanied by a (un)healthy dose of inflation. As a result, governments in advanced economies were able to reduce their debts in the year following World War II.

I am not sure how much of that story I buy, but there is a part that I don’t get : why was economic growth fast in the period described by Reinhart and Kirkegaard? Well, this where I am heading towards the issue of women by asking the question of if we have not overestimated the real growth rate of western economies in the period from 1945 to 1980? Why women? Well, I’ll quote an old article from Economist’s View that is much more eloquent that I could be:

 A lot of what used to be done outside of the formal marketplace, things  such as meal preparation, child care, yard care, house cleaning, all sorts of  services such as these, are now often performed in the formal marketplace by  service firms. Thus, what used to get missed in GDP calculations now gets  counted because it involves a market based transaction (if you vacuum your house  yourself, there is no value-added to GDP calculations, but if you hire someone  to do it for you, it counts as part of GDP).

I’ve wondered how much of GDP growth in recent  decades, or growth worldwide, is truly new economic activity and how much of it  is simply the internalization of tasks that we didn’t used to count because they  were performed outside the formal marketplace.

This is not a trivial point. Since GDP accounting considers formal activities, everything that has value but not counted is abstracted so the economy is always a little larger than what we see in the official statistics. After all, is there someone at BLS or StatCan or Eurostat that attributes a price to the value of stay-at-home moms? However, once that mom decides that she has had enough with staying at home, finds a job and sends her kid into kindergarten, it becomes a new value. It may generate more value, but we can’t discount the value of stay-at-home moms from kindergarten services.

So where am I going with this? Well, I have a hard time reconciliating the real negative interest rates found by Reinhart and Kirkegaard with the high pace of western economic growth from the end of the Second World War to 1980. After all, real negative interest rates would mean that one consumes capital rather than accumulate it, hence reducing potential economic growth. Yet, in those years, the stock market was performing very poorly(very very very) relative to the period from 1980 to 2008. This is consistent with the Reinhart and Kirkegaard story as well. So how to explain the fast pace of economic growth?

I think that the increased participation of women in the labor market and the shifting of non-accounted home production towards open market production has over-evaluated economic growth in the period. This would not fit in with the story of repaying government debts that Reinhart and Kirkegaard try to tell, but it does reconcile their findings with the fast (and maybe overestimated) economic growth rate from 1945 to 1980.

But heh…I am just thinking on a blog about national accounting…

Les vraies mesures d’austérité

Alors que la Grèce met en place son nouveau plan d’austérité, il est utile de se demander s’il existe des cas historiques dans lesquels les gouvernements ont réduit les dépenses publiques en période de crise économique. Étant moi-même un historien économique, il s’agit d’un enjeu que j’étudie de proche et pour lequel j’ai trouvé deux exemples pouvant être étudiés: les États-Unis pendant la récession de 1920 et 1921 et la Grande-Bretagne de 1929 à 1935.  De ces exemples, on peut conclure qu’il faut non seulement réduire les dépenses, mais aussi libéraliser l’économie pour libérer les entrepreneurs d’un carcan réglementaire qui les étouffe et d’une fiscalité qui les écrase.

La récession américaine de 1920-21

La récession américaine de 1920-21 fut qualifiée de « sévère », « profonde » et « rapide » par l’économiste Milton Friedman. En effet, un bref survol de la littérature nous permet de constater que l’économie s’est contractée de 2.4 % à 13.4%. Quant au chômage, il passa de 2.3% en 1919 à 11.7% en 1921. De plus, il y eut une déflation très rapide : en moins d’un an, toute l’inflation que les États-Unis avaient vécue depuis l’entrée du pays dans la Première Guerre mondiale fut effacée.  

Quelle fut la réaction du gouvernement américain? Il a réduit ses dépenses et les taux d’imposition qui avaient augmenté exponentiellement pendant la guerre. Le président républicain, Warren Harding, coupa les dépenses de moitié entre 1920 et 1922 tout en entamant des réductions d’impôts pour tous. De plus, la banque centrale américaine ne joua aucun rôle significatif dans cette récession. En somme, au lieu de ne rien faire, le gouvernement décida d’en faire moins! La reprise suivit rapidement en 1922 et l’économie avait rattrapé toutes ses pertes en 1923. Certains estiment même que, dès 1922, l’économie avait rattrapé tout le terrain qu’elle avait perdu. 

L’économiste Daniel Kuehn, quant à lui, démontre que les politiques de réduction de dépenses n’eurent aucun effet immédiat. Sur un horizon plus long, il semble que cette approche fut bénéfique, puisque la reprise fut causée par une réduction des obstacles gouvernementaux pour les entrepreneurs. Au cours des années 1920, les réductions successives des taux d’imposition permirent de stimuler l’investissement privé. De plus, l’administration républicaine élimina plusieurs réglementations instituées pendant la guerre, notamment les contrôles de prix et réglementations sur l’entrée dans certains marchés. Ici, nous avons la principale leçon à tirer de cet épisode – l’austérité peut aider à long terme, mais il faut tout d’abord permettre à l’offre de s’ajuster! 

La Grande-Bretagne entre 1929 et 1935

L’exemple de la Grande-Bretagne pendant la Grande Dépression est encore plus pertinent puisqu’il existe de nombreuses études qui se concentrent sur la combinaison des mesures pour atteindre l’équilibre budgétaire et l’ajustement de l’offre. 

Entre 1929 et 1931, l’économie britannique se contracta de 5.8%, une baisse considérable. La situation des finances publiques britanniques était périlleuse de l’époque et la dette du pays, gargantuesque. Le gouvernement britannique réduisit ses dépenses afin de rétablir l’équilibre budgétaire. Dès 1934 tout le terrain perdu fut rattrapé et en 1936 le revenu moyen par habitant ajusté pour l’inflation était 9.6% plus élevé qu’en 1929. 

L’économiste Kent Matthews est d’avis que la croissance économique dans le long terme aurait été menacée sans politique d’austérité. Il ajoute que la Grande-Bretagne a pu se rétablir rapidement parce qu’elle n’a pas étouffé l’offre. Un autre économiste, Nicholas Crafts de l’Université de Warwick, abonde dans le même sens que Matthews et ajoute que c’est le marché de la construction qui relança la croissance économique. Il estime que la faible réglementation du secteur de la construction et des lois très souples au niveau du zonage expliquent cet essor. 

Ces deux auteurs arrivent à la même conclusion : pour le long terme, les mesures d’austérité sont nécessaires, mais elles doivent être combinées à des mesures libérant la créativité des entrepreneurs.

En contre-exemple, il suffit de regarder les États-Unis qui abandonnèrent les politiques adoptées par les républicains au début des années 1920. Entre 1929 et 1935, les dépenses augmentèrent rapidement,  une multitude de nouvelles réglementations furent introduites ainsi que plusieurs hausses importantes des taxes et impôts. Ces  politiques expliquent la performance économique décevante des États-Unis pendant ces années et ont en fait prolongé la crise. Entre 1929 et 1939, les Américains vécurent une période de faible croissance et même en 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale débutait, ils n’avaient toujours pas rejoint le niveau de vie dont ils jouissaient en 1929. 

Pour des pays vastement endettés, comme ceux de l’Europe aujourd’hui (et peut-être les États-Unis aussi), les politiques d’austérité sont nécessaires pour assurer la croissance économique à long terme. Toutefois, l’austérité est insuffisante si on ne libère pas les entrepreneurs d’un carcan réglementaire qui les étouffe et d’une fiscalité qui les écrase. Ce sont là les leçons à tirer du passé.

AJOUT: Quelles coupures de dépenses parle-t’on vraiment?

Long and large or frequent and small?

That is the question to ask when one speaks of speculation, especially for commodities like oil. It is claimed that prices are outrageously volatile, which is true … in part. Prices are volatile, but prices for a market as wide and as complex (information wise) are likely to fluctuate in response to delayed reactions. After all, information about demand and supply in the near future is hard and costly to collect. So yes, there will be volatility.

This is where speculators are useful, they specialize in collecting the information about future demand and supply. In doing so, prices will adjust and the market will use prices as the traffic lights they need about how much inventories to carry, how much to produce, how much is wanted etc. This is because the “futures” contract they buy is basically a bet on future prices – which they specialize in trying to predict. Hence, there might be more small scale fluctuations but they will be less violent and shorter. At least, this is how the theory goes.

To test this, lets see how violently prices for goods and commodities that are financially traded on futures markets perform relative to those who are not. The two best examples are corn and onions. Onions cannot be traded on futures market since 1958 while corn is trade. As the graph below illustrates (Thanks to MJ Perry), fluctuations are more frequent but considerably less violent for corn than they are for onions. In fact, the same applies for oil and onions (oil prices fluctuate more frequently but less violently).


 In fact, when we look at historical examples, we see that there is a very clear case for asserting that speculators cut the amplitude of variations even if they seem to increase the frequency. In a paper in Explorations in Economic History, David Jacks encovers that for the few years in which futures were banned for wheat during the 19th century, prices flucutated more violently than they did with futures.

I understand that it is tempting to blame vile speculators for the current levels of the price of oil, but the blame should rather stand on the shoulders of other factors.